La Boulimie

La boulimie se traduit par des épisodes d’ hyperphagie incontrôlée c'est-à-dire des prises, en moins de 2 heures, d’une quantité de nourriture largement supérieure à celle que la plupart des personnes mangeraient dans le même temps et dans les mêmes circonstances.
 
Pour le boulimique, l’ingestion de nourriture se détache des besoins physiologiques. Le boulimique mange entre les repas, seul, sans faim, sans plaisir ; la crise boulimique se déroule le plus souvent dans un état second. La notion de convivialité disparaît au profit d’une solitude indispensable à l’accomplissement de l’acte alimentaire. Il s’isole agressivement des autres.
 
« Bouffer » vient de bouffi et signifie rentrer sa colère. C’est une agressivité, qui renonçant au sens même de son désir, se déplace vers l’objet vivant le plus passif : l’aliment.
 
Les boulimiques tentent de faire cesser un état de « mal être », une sensation d’angoisse. Peu à peu, le sujet sent l’idée de nourriture s’imposer, la tension monte, tandis que l’aboutissement est connu ; il essaie de lutter par des moyens aussi variés qu’inefficaces : sortir, prendre un livre, faire du sport, etc. Soudain, dans un état d’exaltation, il se jette sur tout ce qu’il trouve : des boîtes de conserve qu’il consomme sans même les faire réchauffer, sucré et salé mélangés, des pots entiers de confiture, des sardines à l’huile, et cela très vite. Le boulimique dit souvent qu’il « engloutit tout ce qui lui tombe sous la main ».
 
Une fois repu, le boulimique vit une période de tranquillité, vite perturbée par une digestion difficile, des nausées.
 
Beaucoup de boulimiques se font vomir ou utilisent des laxatifs à outrance, des diurétiques ou font beaucoup d’exercice physique. Ils peuvent aussi faire des périodes de jeûne. A la longue, cela peut entraîner un état de fatigue générale, des crampes, des lésions irritatives de l’estomac et de l’œsophage (à cause des vomissements répétées), des troubles intestinaux…